LES PENSEES DE PASCAL
I L’ÉPOQUE DE PASCAL
La
période de l'absolutisme doit encore venir, c'est plutôt l'époque de Fouquet et
de Vaux-le-Vicomte que de Louis XIV et de Versailles. En effet, Pascal
(1623-1662) ne fréquente pas la cour, mais certains aristocrates proches de Poirt-Royal.
Des
courants de pensée divers et stimulants se mêlent à la doctrine officielle qui
est celle d'Aristote:
1) la
« philosophie nouvelle », celle de Descartes, est condamnée par la Sorbonne qui
a mis ses œuvres à l'index, donec corrigantur (pour correction);
2) la
philosophie matérialiste de Gassendi;
3) la
pensée janséniste;
4)
une sorte de philosophie sceptique et épicurienne avec Saint-Evremond,
La Mothe le Vayer, Naudé. Trois philosophes, Gassendi, La Mothe
le Vayer et Naudé incarnent
une pensée libérée des dogmes, sans cependant faire profession d'athéisme; ils séparent
la raison critique de la religion reposant sur un consensus omnium et essaient, apparemment du moins, de concilier
scepticisme et fidéisme.
Comme
on le voit, la pensée nouvelle se fait jour, elle entre en conflit avec
l'autorité constituée. C'est en 1685 que Louis XIV renouvelle l'interdiction
d'enseigner Descartes et Gassendi dans les collèges du royaume.
II BIOGRAPHIE DE BLAISE PASCAL.
Blaise Pascal naît le 19 juin 1623 à Clermont, en
Auvergne. Sa mère meurt quand il a quatre ans, et son père déménage à Paris
pour parfaire son éducation dont il s’occupe seul. Pascal est d'abord un savant:
mathématicien précoce, technicien, physicien il crée une machine à calculer
pour son père. De santé fragile, il tombe gravement malade à dix-huit ans. Puis
il abandonne l'ascétisme, fréquente les salons et le monde mondain tout en
poursuivant des recherches scientifiques. Sa famille, entre temps s'est convertie
au Jansénisme. Un accident de voiture, une nuit d'extase, un miracle dans sa
famille dirigeront Pascal vers la foi. L'esprit de recherche poussé à l'extrême
suggère à Pascal deux méthodes complémentaires pour arriver à un résultat
positif: l'esprit de finesse et l'esprit de géométrie.
Comme il maîtrise particulièrement bien l’art de persuader, (qu’il
enseigne aux élèves de Port Royal) ses amis jansénistes lui demandent de les
défendre contre les attaques des Jésuites, et il écrit en 1656 : Lettres à un provincial de ses amis et aux
RR. PP. Jésuites sur la morale et la politique de ces Pères, ou plus simplement,
Les Provinciales, sous un pseudonyme, Louis de Montalte. Ces
lettres font grand bruit, la police le recherche (le confesseur du roi est
jésuite) et pendant un temps Pascal se cache.
Dans le même temps, un miracle touche sa famille. Sa nièce
Marguerite Périer, élève à Port-Royal, est atteinte depuis
assez longtemps d’une inflammation des conduits lacrymaux qui a carié l’os du
nez ; l’écoulement du pus provoque une puanteur affreuse, qui oblige de «séparer
la malade de ses compagnes, lesquelles ne la pouvaient souffrir». Les
chirurgiens prescrivent une opération par le feu, devant laquelle les parents
hésitent. Le 24 mars 1656, on apporte à Port-Royal un reliquaire «où est
enchâssé dans un petit soleil de vermeil doré un éclat d’une épine de la Sainte
Couronne». Lorsqu’elle voit approcher la pauvre Marguerite, la sœur Flavie Passart, maîtresse des enfants, remarque «que son œil
était aussi mal qu’elle l’avait vu le matin», et lui fait toucher
l’épine. Quelques heures plus tard, l’enflure a disparu et l’œil paraît
«aussi sain que l’autre». Les médecins constatent la
guérison. Est-ce un miracle ? Quoiqu’il en soit, Pascal bouleversé, commence
à écrire un traité sur les miracles qui sont intégrées dans les liasses XXXII à
XXXIV. Progressivement, le projet devient plus ambitieux et il conçoit une
« Apologie de la religion chrétienne » à laquelle il travaille jusqu'à sa mort. C’est vers juin 1658 qu’il classe ses notes
en liasses pour faire une conférence à Port Royal. Mais il commence à souffrir
de violentes migraines, et meurt peu après sa sœur Jacqueline, sans avoir
achevé son projet d’apologie.
III LES PENSÉES
On désigne ainsi un recueil de notes,
qui ont été groupées sous le nom de « Pensées sur la religion et sur quelques autres sujets » par les héritiers de Pascal.
1° le manuscrit des pensées
Comment
écrivait Pascal ? le mouvement de sa rédaction va
de la partie vers le tout : il commençait par de courtes pensées, qu’il
intègre progressivement dans des passages plus longs. Parfois, il laisse un
début de phrase en plan, pour le reprendre ensuite.
Pascal
notait ses pensées sur de grandes feuilles qu’il a ensuite découpées. Les
fragments, percés d’un trou, ont été regroupés sous formes de liasses. Après la
mort de Pascal, sa sœur Gilberte a fait copier le manuscrit deux fois (C1 et
C2) puis l’a confié aux Messieurs de Port Royal qui en ont publié une
édition expurgée et même réécrite en 1670 (1ère édition, la
seule connue jusqu’au XIXe siècle)
Puis,
ces fragments conservés dans la famille de Pascal furent collés vers 1710, par
les soins du chanoine Louis Périer, sur des feuillets
de même dimension, qui furent déposés en 1711 à l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés
et reliés vingt ans plus tard : ce recueil constitue le manuscrit autographe
des Pensées. Cependant, l’ordre de
l’original a été modifié par le chanoine, il y a eu des erreurs dans le
collage. les éditions contemporaines diffèrent.
Certains éditeurs ont réorganiser les pensées en fonction du plan de Pascal
(Brunschvicg) D’autres se fondent sur
les copies. C’est le cas de l’édition de Michel Le Guern qui se fonde sur C1.
2° le mouvement de l' «apologie»
Apologie : Défense publique de quelqu'un ou de
quelque chose Le terme vient du grec ancien apologia
(απολογία),
qui désigne la défense militaire d'une position contre une attaque.
Traditionnellement, les apologies sont écrites sous la forme de discours
organisés, pas en fragments.
Ce mouvement apparaît clairement défini
dès le premier des vingt sept chapitres classés par Pascal, intitulé
« Ordre». Ce mot
revient comme un constant leitmotiv sous sa plume. Besoin de classification
naturel pour un esprit scientifique, mais aussi préoccupation plus profonde de
fidélité aux choses et aux faits dans cette étude sociale et morale à laquelle
il se consacre; souci de ne pas confondre les plans différents. Et quand, dans
la liasse XXIII, Pascal définira cet ordre du coeur sur lequel il fonde toute
son apologétique, il écrira qu'il «consiste principalement à la digression sur
chaque point qui a rapport à la fin, pour la montrer toujours». La méthode de
pensée pascalienne trouve là certainement sa meilleure expression. Les Pensées
se présentent comme une oeuvre faite tout à la fois de rigueur et de souplesse,
où l'auteur pousse son analyse sur chaque point, mais en allant dans un sens
déterminé : art concentré, mouvement essentiellement dramatique.
Ce mouvement est bien précisé dans ce
premier chapitre. II se divise en deux temps :
1ère
partie Misère de l'homme sans Dieu.
2ème partie Félicité de l'homme avec
Dieu.
Première
partie (liasses II à XI).
Elle
commence (six chapitres) par poser le problème de l'homme. Mélange de misère et
de grandeur, l'homme est la proie des passions (liasse II : Vanité),
spécialement de l'imagination et de l'amour-propre, qui déforment son esprit et
lui interdisent (liasse III : Misère) de connaître la justice et la
vérité. Sans cesse ballotté entre la dépendance et son désir d'indépendance, il
est guetté par l'Ennui (liasse IV). Preuve de sa misère, cet effort des «demi
habiles» pour atteindre la Raison des effets (liasse V), et qui n'aboutit qu'à
substituer à l'ignorance du peuple une ignorance savante qui se connaît.
Or,
cette misère de l'homme livré à lui-même implique la grandeur, et inversement,
la grandeur ne va jamais chez lui sans la misère (liasse VI : Grandeur).
Ainsi,
l'homme n'est que Contrariétés (liasse VII), dont ne sauraient rendre compte
les philosophes, pyrrhoniens ou dogmatiques. Seule la religion possède la clef
de cette mystérieuse dualité : le péché originel.
Dans
les trois chapitres suivants (liasse VIII à X), Pascal montre que seule la
religion promet le vrai bien : contrairement au commun des hommes, qui,
pour fuir leur misère, jouent et se divertissent (liasse VIII : Du
divertissement); contrairement aux philosophes, épicuriens et stoïciens,
incapables de nous apporter une morale du bonheur, parce que leur connaissance
de l'homme est incomplète (liasse IX : Philosophes).
Par
la perte du véritable bien, un gouffre infini s'est creusé dans l'homme, que
seul un objet infini peut combler. Ainsi, la religion résout l'énigme de la
nature humaine, et apporte à l'homme le secours de la grâce qui le ramène à
Dieu, son «vrai bien» (liasse X : Souverain Bien ).
Conclusion :
Seule la religion chrétienne réunit ces deux conditions; elle seule peut
expliquer pourquoi nous sommes opposés à Dieu et nous indiquer, ou mieux, nous
fournir les remèdes à notre impuissance (liasse XI : A P R).
Seconde
partie : Jésus-Christ (liasses XII à XXVII).
Avant
d'aborder l'établissement des preuves de Jésus-Christ, Pascal va préparer son
incrédule : la solution jusqu'ici n'était que théorique. Dans la liasse
XII, intitulée de façon significative Commencement, il fait entrer, pour
pousser son athée à persévérer dans sa recherche, des considérations qui ont un
rapport étroit avec l'argument du pari (celui-ci ne figure pas dans la partie
classée de la copie).
On
«abêtira» la « machine», mais sans pour cela renoncer à cultiver la
raison. Soumission et usage de la raison, voilà l'essence de la religion
véritable (liasse XIII). Cet usage ne saurait être un abus. Dieu est
indémontrable. Seul le Médiateur, Jésus Christ, nous permettra d'aller à Dieu,
car, étant à la fois Dieu et Homme, il nous incline à connaître en même temps
Dieu et notre misère (liasse XIV). Ainsi, le Médiateur ouvre le chemin. Encore
faut-il que l'homme s'inquiète : Pascal va lui montrer que le
« pourquoi» est partout. Effroi et tremblement de l'homme en face de
l'univers. Contradiction de l'homme, qui, esprit et corps, ne peut ni connaître
Dieu ni se connaître, et cependant, par sa pensée, aspire à cette double
connaissance (liasse XV : Transition de la connaissance de l'homme à
Dieu).
Pascal
peut maintenant, par une série de comparaisons (liasse XVI), démontrer la
Fausseté des autres religions. De même que les «vrais» juifs et les «vrais»
païens sont venus du Rédempteur, de même (liasse XVII) le vrai chrétien se
reconnaîtra à sa rupture avec l'esprit du monde et à sa recherche sincère du
vrai bien.
Le
dernier mouvement de l'Apologie (liasses XVIII-XXVII) consistait dans l'étude
des preuves de fait de la religion chrétienne. Après avoir souligné (liasse
XVIII) la nécessaire obscurité de la religion et du Christ, Pascal étudie
l'Ancien Testament, pour montrer qu'il est entièrement figuratif : il faut
interpréter les détails matériels de l'histoire du peuple juif comme des
représentations concrètes de réalités spirituelles. Ainsi s'établira la
correspondance entre l'Ancien et le Nouveau Testament (liasse XIX). Dans le
chapitre suivant, Pascal applique son principe des figures au Talmud, dans
lequel il cherche la source de l'inspiration chrétienne (liasse XX). La
perpétuité de la foi chrétienne est d'autant plus éclatante et miraculeuse
qu'elle avait deux raisons d'être anéantie : elle a tou
jours été combattue (schismes, hérésies), et elle propose une morale contraire
aux passions humaines (liasse XXI). Après l'exposé - à peine esquissé - des Preuves
de Moïse (liasse XXII). Pascal, sur le ton du lyrisme et de la ferveur
mystique, aborde les Preuves de Jésus-Christ (liasse XXIII) et développe la
distinction des trois ordres : ordre de la chair, ordre de l'esprit, ordre
de la charité. Les prophéties accomplies, c'est au-delà de l'Evangile et dans l'histoire qu'il faut chercher leur
accomplissement (liasse XXIV). La liasse XXV (Figures particulières) évoque
quelques cas de prophéties de (ait (réalités de l'Ancien Testament figurant des
réa lités de l'Eglise).
Enfin,
Pascal présente la vie heureuse du nouveau converti, qui conformera toute sa
volonté à celle de Dieu, cultivant les ver tus d'humilité et de charité, vivant
sa joie en union avec le corps mystique du Christ, aussi éloigné du désespoir quedela présomption, et sachant se garder de tout
formalisme. Bonheur qui est essentiel lement un élan
de l'âme (liasse XXVI : Morale chrétienne).
Conclusion :
Nécessité pour le véritable chrétien de l'humilité (plier la «machine») et de
l'amour en s'anéantissant devant l'Etre universel,
qui seul incline le coeur des hommes (liasse XXVII). Toute cette deuxième
partie de l'Apologie, dont plusieurs chapitres, nous l'avons vu, ont été à
peine esquissés, Pascal la considérait comme très importante, et, malgré les erreurs
historiques dont elle est entachée (en particulier en ce qui concerne Moïse et
le Pentateuque), ce serait défigurer gravement ses intentions que de la
sacrifier, comme certains ont été tentés de le faire. Tout se tient dans
l'Apologie, et en supprimer le moindre élément serait détruire cette
architecture et cet équilibre des masses que nous avons essayé de rendre
sensibles, et qui eussent fait très certainement l'un des attraits primordiaux
de l'œuvre si elle avait pu être achevée.
Stratégie
de Pascal
Dans
le § 628 de l'édition Le Guern, Pascal évoque sa stratégie argumentative
lorsqu’il mentionne Salomon de Tultie. Selon Louis Marin, cet anagramme de
Louis de Montalte (pseudonyme de Pascal dans les
Provinciales) devrait se lire "Salomon de (s)tultitia", c'est à dire le roi "sage de
folie", mis sur le même plan qu'Epictète (sage
stoïcien) et Montaigne (sage pyrrhonien). Il désignerait donc Pascal lui-même.
628
« Lorsqu'on
ne sait pas la vérité d'une chose, il est bon qu'il y ait une erreur commune
qui fixe l'esprit des hommes, comme par exemple la lune à qui on attribue le
changement des saisons, le progrès des maladies etc., car la maladie principale
de l'homme est la curiosité inquiète des choses qu'il ne peut savoir, et il ne
lui est pas si mauvais d'être dans l'erreur que dans cette curiosité inutile.
La
manière d’écrire d’Épictète, de Montaigne et de Salomon de Tultie est la plus
d’usage, qui s’insinue le mieux, qui demeure plus dans la mémoire et qui se
fait le plus citer, parce qu’elle est toute composée de pensées nées sur les
entretiens ordinaires de la vie, comme quand on parlera de la commune erreur
qui est parmi le monde que la lune est cause de tout, on ne manquera jamais de
dire que Salomon de Tultie dit que, lorsqu'on ne sait pas la vérité d'une
chose, il est bon qu'il y ait une erreur commune, etc., qui est la pensée
ci-dessus. »
IV L'ACCUEIL FAIT AUX PENSÉES
Les Pensées de Pascal furent fort admirées à la fin du XVIIe siècle.
Pourtant, dès leur publication, des préventions naquirent.
Les
réserves de Port-Royal.
- A Port-Royal même, plusieurs Messieurs, en particulier Nicole, furent
effrayés par la hardiesse de la pensée pascalienne et déconcertés par la forme
du texte, peu conforme à la tradition apologétique. Si on lui rendit
hommage en publiant un choix très large de ses brouillons, ce choix ne fut pas
objectif: des expressions énergiques furent atténuées; des développements
audacieux furent retouchés ou supprimés.
L'opposition
au sein de l'Église.
- Pascal
conserva d'autre part des adversaires, non seulement parmi les jésuites qu'il avait combattus,
mais parmi d'autres chrétiens, jésuites et molinistes opposés au jansénisme.
Louis XIV fait raser Port-Royal en 1710, et les querelles entre jansénistes et
jésuites perdurent jusqu’au XVIIIe siècle.
L'hostilité
des «philosophes». -
L'apologie pascalienne fut également
condamnée au nom d'une sagesse purement humaine : c'est l'attitude que
prit le XVIIIe siècle tout entierVoltaire prend
directement à partie le « misanthrope sublime» que fut Pascal, défend
contre lui la raison humaine et détourne l'homme des problèmes qui passent son
entendement. (Mais Voltaire n’a pas compris Pascal !)
Pourquoi toutes ces querelles ?
Parce que le destin de l’homme et son comportement moral sont
en jeu. Pascal ne
conçoit pas que la vie n’ait pas de sens.
V PASCAL JANSÉNISTE ? LE PROBLÈME THÉOLOGIQUE DE LA GRÂCE
Selon le dogme chrétien, le péché d'Adam vouait l'humanité tout entière
à la damnation éternelle; Dieu cependant prit ses créatures en pitié, et le Christ
mourut sur la croix pour permettre leur rachat. Mais ce rachat dépend-il de
l'homme seul? Le moine hérétique Pélage le soutient au début du Ve siècle;
Saint Augustin formula contre lui la doctrine
orthodoxe : nul ne peut être sauvé sans la Grâce, que Dieu accorde ou
refuse par un décret de sa volonté souveraine. Saint Thomas, au
XIIIe siècle, assouplit quelque peu la rigueur de cette doctrine.
Le
problème fut repris au XVIe siècle. Calvin soutient que toute créature est
prédestinée au salut ou à la damnation. Cette doctrine de la prédestination fut
combattue par les théologiens catholiques. En
La doctrine janséniste de la grâce
Jansenius voulut restaurer dans sa pureté, contre les adoucissements molinistes,
la thèse augustinienne. Il soutient que le salut n'est
pas assuré à tous les hommes de bonne volonté : pour résister à l'attrait
du péché, ils ont besoin de la Grâce; or Dieu peut la refuser à des justes,
l'accorder à des criminels; ses raisons sont insondables. Ainsi se trouve
sauvegardé le principe de la toute-puissance de Dieu, au risque de compromettre
celui de la responsabilité de l'homme, dont dépend dans une certaine mesure la
vie morale.
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L'ÉGLISE CATHOLIQUE ET LE PROBLÈME DU SALUT |
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L’homme est prédestiné |
Dieu décide mais les hommes peuvent
agir |
L’homme forge son propre destin |
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Ve siècle |
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Saint Augustin : Dieu choisit les élus |
Pélage (hérétique) |
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XIIIe siècle |
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Saint Thomas |
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XVIe siècle |
Calvin |
Molina :
les bonnes actions
jouent un rôle |
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XVIIe siècle |
Jans |
enius |
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L'Église
catholique condamne deux positions extrêmes: l'homme forge son propre destin
(Pélage): l'homme est prédestiné (Calvin). Elle professe que Dieu fixe notre
sort, mais que nous pouvons nous efforcer de mériter sa grâce. Elle admet qu'on
mette l'accent, soit sur la souveraineté de Dieu (St Augustin), soit sur
l'espoir que peut avoir toute créature de se sauver (Molina), Saint Thomas
représentant une position moyenne. Contre Molina, qu'il accuse de verser dans
l'hérésie pélagienne, Jansénius prétend revenir à Saint Augustin, mais il
accentue encore la sévérité augustinienne.
Or, Pascal est à certains égards encore plus strict que Jansenius et Saint-Augustin
(qu’il critique parfois)
Sources :
XVIIe siècle P. Castex et P. Surer
http://odalix.univ-bpclermont.fr/Cibp/Pensees/pensees.htm
Préface de Michel Le Guern.
Itinéraires littéraires XVIIe siècle,
Hatier.
Lucien Goldman : Le Dieu
Caché.
Paul Bénichou
Morales du grand siècle.